« L’alcool m’a fait tout oublier » : projetée contre un mur sous les yeux de sa fille de 7 ans
Les murs d’un paisible village du sud d’Alès ont été témoins d’une scène d’une violence inouïe. Un drame familial qui a nécessité l’intervention rapide des forces de l’ordre et qui s’est soldé par une comparution immédiate devant le tribunal. L’affaire illustre une fois de plus la gravité des violences domestiques et les conséquences qu’elles engendrent pour l’ensemble de la cellule familiale.
Une intervention des gendarmes salutaire
C’est dans la nuit du 19 au 20 septembre qu’un voisin alerte les autorités. Son civisme permettra d’éviter le pire. À leur arrivée sur les lieux, les gendarmes découvrent une scène glaçante : une femme gît inconsciente au sol.
Son compagnon, en état d’ébriété avancé, venait de la projeter violemment contre un mur. Plus choquant encore, une enfant de sept ans assistait impuissante à la scène. Face aux forces de l’ordre, l’homme fait preuve d’une agressivité débordante, multipliant rébellion et insultes.
Le réquisitoire sans appel du procureur
Au palais de justice d’Alès, le procureur de la République, Abdelkrim Grini, ne cache pas son exaspération face à la gravité des faits. Le magistrat salue néanmoins la réactivité du témoin et le travail exemplaire des gendarmes.
Le ministère public loue le « civisme » du voisin ainsi que le « professionnalisme des gendarmes » dans cette intervention délicate. Une reconnaissance publique qui souligne l’importance de la vigilance citoyenne dans ces situations dramatiques.
Des réquisitions sévères
Le procureur réclame une peine de 30 mois d’emprisonnement, dont 12 mois assortis d’un sursis probatoire. Des mesures restrictives accompagnent ces réquisitions, témoignant de la détermination du parquet à protéger la victime.
Un prévenu amnésique mais conscient de ses démons
À la barre, l’homme affirme ne garder aucun souvenir d’avoir porté la main sur sa compagne. Un trou noir qu’Abdelkrim Grini n’hésite pas à qualifier de « lâcheté ».
Toutefois, le prévenu reconnaît souffrir d’un problème d’alcool chronique. Il admet également devenir particulièrement colérique sous l’emprise de l’alcool, un aveu qui pèse lourd dans l’appréciation de sa dangerosité.
La plaidoirie de la défense
Me Florence Mendez, avocate du prévenu, tente d’obtenir un aménagement de peine. Elle sollicite le placement de son client sous bracelet électronique, une alternative à l’incarcération classique.
Cette demande vise à permettre au condamné de maintenir une vie sociale et professionnelle tout en purgeant sa peine. Mais le tribunal en décidera autrement.
La décision de justice
Le tribunal correctionnel d’Alès prononce une peine de 18 mois de prison, dont 12 avec sursis probatoire. Cette sentence est assortie d’obligations strictes et d’interdictions destinées à protéger la victime.
Contre toute attente de la défense, aucun aménagement sous bracelet électronique n’est accordé. Un mandat de dépôt est immédiatement délivré, conduisant l’homme directement en détention. Une décision ferme qui marque la volonté du tribunal de sanctionner sévèrement ces violences conjugales.

